le blog de mc O
Finement taillée, je revois sur mon bureau cette belle pièce en argent. Je la revois, et je me demande comment en suis-je arrivé là. Pourquoi ai-je fais ça, pourquoi moi, quel est mon problème?
Non, ce n'était pas ma faute, c'était la sienne, à ce sale provocateur, il avait accès à tout ces machins électriques et gadgets électroniques que le geek au fond de moi avait toujours rêvé, mais ça ne suffisait pas, il fallait en plus qu'il provoque.
Avec son portable.
Dans les pubs, ils ont l'air si heureux, ils peuvent enfin téléphoner à des amis qu'une vie asociale à la recherche de contacts virtuels les empêche d'avoir. Pourtant, j'ai essayé de résister, refouler mes instincts les plus basiques, ne pas commettre l'acte.
Dans les pubs, cet acte était sans conséquence, dans les pubs, on n’a pas d'obstacle.
Et si on en a, ils sont éliminés sans problème.
Et moi, je sentais le contact, dans la poche de mon blouson, de ce qui m'aurait permis d'assouvir mon fantasme, et je le voyais, et il continuait, toujours il parlait, toujours il se foutait de moi et de mon vieux mobile (juste téléphoner, ahahaha, comme c'est olde-faicheune). Malicieusement, un de ses potes qui regardait le spectacle avec amusement essaya de rameuter du peuple.
Et ils étaient de plus en nombreux à se regrouper pour s'amuser de ce jeune; donc le portable qui n'avait même pas l'épluche-patate-laser, était comparé au bigophone de la pub.
La pub qu'ils ont vue, que j'ai vue, que j'ai re-vue, que j'ai re-re-vue...
La plupart avaient vécu le même genre de scène, avec ces sales types arrogant, et combien rêvait de cette conclusion, combien n'avait pas eu le courage, la possibilité ? Je ne devais pas, ne pouvais pas les décevoir.
Ce type supérieur
Cette foule
Cette pub
Cet acte, dont on me dit sans conséquence
Les obstacles, qu'il suffit d'éliminer
L'espoir de la foule
Ce type condescendant
Cette pub....
Ce portable.
J'ai des circonstances atténuantes, c'est en fait moi, la vraie victime de ce système de consommation, qui nous inculque ces besoins compulsifs, dont la mince couche de civilisation peut se craqueler à tout moment pour satisfaire ces besoins primaires.
Alors,
Je l'ai fait rapidement, j'ai glissé ma main dans la poche, et je l'ai fait.
Je ressens encore le métal brillant, glacé comme un circuit électronique. Je me revois arrachant ce portable de ces mains qui me narguaient il y a encore quelques instants.
J'entends encore ces supplications, pour que tout s'achève.
-S'il vous plaît, monsieur, s'il vous plaît...
-Excusez moi, je pensais à autre chose, vous disiez?
-J'ai remarqué par hasard, il vous reste quelque pièces dans votre porte-monnaie, puis-je vous suggérer ces magnifiques coques en plastique, dont le vert se mariera avec discrétion et élégance avec votre dernière merveille technologique au plastique orange qui...
-Non, merci, c'est déjà trop.
Beaucoup trop.